Petite réflexion : « Lignes de faille » vs « Irréversible »

Ce livre étonnant qui a obtenu le prix Fémina 2006 déroule l’histoire d’une famille américaine plombée par un bon vieux secret de famille bien scrofuleux, dans une ambiance de névroses, en veux-tu-en-voilà .
Des gens ordinaires, comme vous et moi, donc.

         

L’auteur remonte le temps en présentant une personne à chaque génération jusqu’à la fermeture de la boucle qui clôt la petite avec la grande Histoire.
Un rapprochement intéressant est à faire entre cette œuvre et le film de Gaspar Noé « Irréversible » (2001) que vous connaissez certainement. (Sinon, DVD chez Studio-Canal)
Gaspar Noé écrit : « le temps détruit tout » et il inverse le cours du temps dans une longue descente vers un cul-de-basse-fosse (l’escalier du « Rectum ») noyée dans la couleur rouge du sang – tout le film est dans un mouvement de toupie, de vertige hallucinant qui mène à l’enfer.
Pour Nancy Houston , le temps explique tout.
« C’est l’éveil. Comme quand on appuie sur l’interrupteur et que la pièce se remplit de lumière » - 1ère phrase du livre. Les 4 années sont les marches du temps qu’il faut remonter, en se dirigeant toujours vers l’est, l’orient, le soleil (Californie, Canada, Allemagne, Israël). Et le petit garçon monte tous les jours l’escalier et s’y blesse.

Le temps est irréversible, d’accord, vision nocturne, vision solaire, mais peut-on passer à côté des lignes de faille quand le secret intime est la Vie ?

Signé : une liseuse