Hier soir, après "Les Infiltrés" de Scorsese, gros coup de blues.

Le film m'avait bien plu. Di Caprio est tellement touchant et cassé. Vulnérable et robuste. Et puis, je trouve ça pas mal comme parabole sur les destins croisés qui finissent tous de la même manière : le crâne explosé.

Deux personnages si semblables dans leur volonté de réussir, de "sortir" de leur destinée. Si semblables et pourtant aux antipodes dans la réalisation de leurs ambitions.
Toujours est-il qu'une fois rentrée chez moi, je me suis mise à répéter un monologue de minuit à 2heures du mat...!!

Archibald faisait la gueule et m'a dit "Putain!! C'est pas l'heure pour ça...!!"

Forcément, lui, il n'a pas ces angoisses en ce moment : mes angoisses d'actrice.
J'ai besoin de sortir de ma tête et de me remettre dans mon corps. De sentir mes émotions s'emparer de moi et libérer mes énergies à l'intérieur de ce qui n'est pas ma vie mais la vie d'une autre, dans une autre situation.
C'est tellement libérateur.
Alors j'ai besoin de jouer. De répéter.

Archibald semble être toujours en lien direct avec son corps, son ressenti.
Moi j'ai besoin de débrancher le cerveau de tous mes petits tracas et soucis.
Puis je re-branche sur l'intérieur, je démarre le moteur, je trifouille en moi pour que l'animal sorte son instinct et me rende vivante...

L'autre jour, j'ai écrit un truc. ça m'est venu en passant devant l'affiche de Josephine Baker qui est dans ma chambre.

"Dans une autre vie, je serai une étoile filante : chargée de vies, de mondes et de danses.
Expiée de ma solitude."

Seule, elle a du l'être au milieu de tout ce brouhaha. Moi je n'ai pas ce brouhaha et j'espère ne jamais connaître sa solitude...
Mais j'aimerais être une étoile.

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