Or donc, comme je l’écrivais précédemment, Jacques Chailley, musicologue de son état, a proposé en 1981 une interprétation ésotérique en utilisant les notes pour prouver d’après lui, l’existence de Dieu.

Avec les premières syllabes de l’hymne de Paul Diacre, il établit un cryptogramme en forme de croix chrétienne :

croix

Au centre de cette croix se trouve la syllabe SOL qui en latin, bien sûr, signifie soleil et en reproduit l’image par le graphisme de sa lettre centrale O , transcription latine de la dernière lettre de l’alphabet grec : oméga.

Lues dans le sens de l’émanation des rayons du soleil, les notes LA et FA donnent ALFA. On peut dessiner deux flèches partant de SOL et se dirigeant dans des directions opposées.
On se trouve alors en présence de la définition que Dieu se donne de lui-même dans l’Apocalypse de saint Jean : "Je suis l’ALFA et l’OMEGA", c’est-à-dire le début et la fin de toute chose.

Ensuite, lues de bas en haut, les quatre syllabes RE, SOL, UT, IO, donnent le mot RESOLUTIO mot du vocabulaire alchimique qui désigne "le mystère fondamental de la nature, à savoir la dissolution des éléments dans la mort en vue d’une résurrection".

Déchiffrées comme ALFA mais en sens inverse, les deux syllabes initiales du dernier vers « Sancte Iohannes », SAN et IO forment le mot IONAS, nom du prophète sorti vivant au bout de trois jours du ventre de la baleine, considéré par certains comme la préfiguration de la résurrection de Jésus.

cryptogramme

Reste la syllabe MI ! Un peu de dialectique y suffit…
Considérant que le M et le I évoquent les deux lettres qui, dans la numération latine, représentent le plus grand (mille) et le plus petit (un) des nombres transmissibles, ils donnent une image du macrocosme et du microcosme, et n’ont donc pas besoin de figurer dans ce schéma. Se référant à la musique, cette poésie visuelle qui tire incontestablement son charme de ses pirouettes, constitue pour Jacques Chailley une preuve de l’existence de dieu.

Bravo si vous êtes parvenu(e) jusqu’au bout !
Alors un petit dernier pour la route :
Alii aliis rebus delectantur
(les uns aiment une chose, les autres une autre).