Si vous tenez votre réserve à connaître certaines choses pour une qualité parcequ’on vous a bassiné dans votre enfance que « la curiosité est un vilain défaut », n’en croyez rien : la curiosité, c’est la vie, la vie en mouvement. Question de mesure…

partition

Alors, vous, les chanteurs de salle de bains, violonneux, cornemuseux, trompetteux , musiciens de tous poils et les autres, vous êtes-vous un jour demandé pourquoi il y avait 7 notes dans une gamme, et pourquoi elles s’appellaient do, ré, mi, fa, sol, la, si, et pourquoi pas "ta, gi, no, su…" etc, et pourquoi pas 5 notes ou 12 ?
On n’aurait pas répété :
"do, ré, mi, fa, sol, la, si, do,
gratte-moi la puce que j’ai dans le dos " ...etc... ( Médor, va coucher ! )
et cette grande envolée lyrique serait restée inconnue.

Vous le savez : homo ad intellegendum est natus ( l’homme est fait pour comprendre )
Bon, alors, apprêtez-vous.
Aujourd’hui, on continue la Star’Ac, mais en latin. Cela ne peut pas faire de mal.

C’est très simple : (juste un rappel pour tous ceux qui le savent déjà, bien sûr ! )
Un poëte, Paul Diacre ( 720 – 799 ) avait écrit un hymne :
UT queant laxis
REsonare fibris
MIra gestorum
FAmuli tuorum
SOLve polluti
LAbii reatum
Sancte Iohannes

Traduction pour les nécéssiteux : Afin que puissent résonner dans les cœurs détendus, les merveilles de tes actions, absous l’erreur de la lèvre indigne de ton serviteur, ô saint Jean.

Vers 1050, un théologien musical, Guy d’Arezzo, petit facétieux avec l’esprit pratique qui répétait cet hymne tous les jours, s’est servi des premières syllabes de chaque vers pour donner un nom aux notes. Jusque là, on utilisait les lettres de l’alphabet associées à des lignes de couleurs différentes ce qui n’était pas clair.
Bonne idée, non ?
La solmisation était née : vive d’Arezzo !

Ensuite, les italiens, au 17ème siècle ont transformé le UT en DO, et voilà, le tour était joué !
Vous pouvez sortir de la douche avec l’esprit serein de celui qui sait….
"Si tu m’l’avais gratté plus tôt,
Elle serait pas montée si haut"
( viens, Médor ! )

Beaucoup plus fort : en 1981, un musicologue, Jacques Chailley, a transformé ces notes en cryptogramme et en a fait une lecture ésotérique. Mais, ça, c’est pour demain ou après-demain et pour bien saisir, il faudra d’abord prendre un peu de vitamines.

J’adore ces histoires-là, mais comme dit l’autre : Quot homines, tot sententiae (autant d’hommes, autant d’opinions).

Ave et …. cave canem ! ( salut et attention au chien )