Le cinéaste iranien Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison et la justice lui a interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les vingt prochaines années, a annoncé son avocat lundi.
Jafar-Panahi.jpg «Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison pour participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime», a dit son avocat Farideh Gheirat, selon des propos rapportés par l'agence de presse Isna.

Il a récemment été invité comme juré à la Berlinale du 10 au 20 février, comme il l'avait été en mai dernier par le Festival de Cannes. Ce dernier avait gardé, symboliquement, sa chaise vide au moment des cérémonies d'ouverture et de clôture qu'il avait été empêché de rejoindre.

Le monde du cinéma et les intellectuels français ont sonné la mobilisation générale lundi soir à l’annonce de la nouvelle condamnation du cinéaste iranien. Selon le philosophe Bernard-Henri Lévy, le réalisateur a été condamné «sur le soupçon d’avoir l’intention de réaliser un film sur le mouvement vert (l’opposition lors de l’élection présidentielle en 2009). Son seul crime est d’avoir soutenu (Mir Hossein) Moussavi», le candidat de l’opposition, a-t-il dit à l’AFP.

Pendant son séjour en prison, M. Panahi avait entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et réclamer une libération sous caution.

M. Panahi, connu pour ses critiques sociales grinçantes, a notamment reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2000 pour "Le cercle" et l'Ours d'argent à la Berlinale en 2006 pour "Hors-jeu".
Il a été primé deux fois à Cannes ("Le ballon blanc", Prix de la Caméra d'or 1995, et l'"Or pourpre", Prix du Jury-Un Certain Regard en 2000), où son siège de juré avait été symboliquement laissé vide lors de la cérémonie d'ouverture du festival en mai dernier.

De nombreuses voix s'étaient élevées à l'étranger comme en Iran pour protester contre son arrestation, notamment celles de Steven Spielberg, Martin Scorcese, Ang Lee, Oliver Stone.

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