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Plus humble que timide quand je lui explique que j'entends parler de lui et de ce qu'il fait, je m'intéresse en premier lieu par la manière dont il faut l'appeler, Spleen est son nom de scène. Ce mot anglais m'inspire l'univers Baudelairien, la tristesse et la mélancolie, je me questionne donc sur l'état d'esprit que dégage l'artiste. Il me raconte alors son interêt pour la phonologie du Mot, sa musicalité et sa manière de s'intéresser à la manière de prononcer plutôt qu'uniquement à sa simple définition.

Inutile de me le cacher à moi-même, sa personnalité me marque déja à ce stade précoce de la conversation, il a quelque chose, bien au-delà encore de sa voix découverte dans les quelques extraits trouvés sur internet ou du fait qu'il me rappelle un brin Basquiat. Il n'y a rien de mieux qu'un artiste qui dévoile ce qu'il pense, et c'est petit à petit que je le réalise, quand, entre deux anecdotes il me cite Ronsard, artiste poète ayant sombré dans un certaine frénésie, la chute vers la drogue, un besoin d'absolu tellement énorme qu'impossible à atteindre, et en me désignant cet état d'esprit comme le romantisme. Il a raison. Il a tout compris. Il se dégage donc ça de sa musique et de son art, de l'esprit, du rythme, et en exploitant jusqu'à même la musicalité des mots, des phrases. Ce n'est donc pas pour rien que je me suis retrouvée dans l'impossibilité de mettre ce type dans une case bien rangée de rnb, de soul, ou de variété française, j'ai d'ailleurs évoqué ça avec lui... Son premier et précédent album était en anglais, à tendance plutôt hip-hop soul et très inspiré de l'album "Of the Wall" du King of Pop Michael Jackson, et un nouveau genre évidemment pour un nouvel album, "Comme un enfant", né en fin d'été dernier... Il me l'affirme lui-même, les deux albums sont très différents, et Spleen voudrait voir "Comme un enfant" comme un prolongement de la tradition française des artistes passionnés aux voix brûlantes que sont Jacques Brel et Léo Ferré, pour finalement réussir à faire un album capable de réconcilier le rap et le rnb, trop axés vers des clichés aujourd'hui et ce genre de musique qui lui est également cher.

"Je veux faire groover la Chanson Française."

Ca, c'est de l'ambition, et je suis pour. C'est également de l'ambition de s'attaquer à toutes sortes d'art. Ayant appris avant notre petit entretien qu'il s'était attelé à la réalisation d'un court-métrage et qu'un second était en préparation, ma curiosité m'a poussé à lui demander si la polyvalence artistique que je lui soupçonnais était bien réelle. Elle l'est, puisque selon lui, l'écriture, la mise en scène, le son, la musique, la photographie (dans le sens de la lumière également), la peinture ainsi que le jeu sont des disciplines pouvant être utilisées dans un même projets, alliées selon la maîtrise de celles-ci. D'après lui, de nombreux progrès sont à faire en France, pays où l'on ne conçoit pas encore de mêler plusieurs arts comme il le fait. Et pourquoi ne pas suivre son avis lorsque l'on voit outre-manche un comédien comme Jared Leto abandonner le cinéma pour se consacrer à son groupe de rock ? Le jeune homme a débuté au théâtre, présente aujourd'hui son second album et a un pas dans le cinéma. Avoir de telles expériences à 24 ans et autant de clés en main pour mener une carrière hallucinante dans le futur.

En attendant de le voir exceller dans un de ces domaines, allons donc le voir ce soir à la Maroquinerie !

La MAROQUINERIE 23 rue Boyer 75020 Paris - M° Ménilmontant

spleen2.jpg Crédit photo GABRIELLA http://www.myspace.com/gabriellapho...

Son clip - "Tu l'aimeras" feat. Marcus